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Previous Issue Article Abstracts

Volume 43, Number 1, Spring 2018 

This essay analyzes protofeminism related to Marie Jeanne Riccoboni's (1713-1792) Histoire de monsieur lemarquis de Cressy(1758) not so much in its oftentimes discussed and controversial ending, a female suicide, but rather in its contemporary reception. The analysis will focus on the hitherto unnoticed and unexamined public defense of that female suicide. I argue that Riccoboni herself sent a letter to the Mercure de France in response to its review. In it she defends her choice and thus successfully enters the public debate about suicide in patriarchal Enlightenment France as a woman by presenting to readers an unlikely heroine who claims the right to commit suicide when, how, where and by whose hand she desires, as a reaction to male betrayal. In 1758 this constituted a bold, revolutionary and protofeminist move, executed well before her male philosopher friends reached similar conclusions and also before suicide became more secularized and decriminalized in eighteenth-century French society.
L'article se penche sur l'un des poèmes les moins étudiés concernant le motif de la cécité dans le romantisme: L'Aveuglede Théophile Gautier. Michel Brixa émis l'hypothèse selon laquelle ce poème reflète la «maturité désenchantée du romantisme français», sans pour autant la démontrer par une analyse textuelle circonstanciée du poème. Après avoir donné un bref aperçu du motif de l'aveugle de l'antiquité jusqu'au romantisme, il sera question de combler cette lacune par une étude approfondie du poème. L'analyse démontrera que les portraits romantiques d'aveugles évoluent de l'image de la clairvoyance à celle de la damnation et qu'ils se révèlent comme un reflet de la conception esthétique du poète ainsi que comme réflexions sur la condition humaine.
Cet article s'interroge sur l'hétérogénéité, l'apparente incohérence et la surabondance de détails dans le texte consacré à Balzac, le premier du recueil Trois Auteurs de Pierre Michon. Au vu de son inscription dans la seule œuvre de Michon (à l'exception de Corps du roi) à s'interroger explicitement sur la littérature, il tente d'éclairer le lien entre ces caractéristiques semblant toutes situer ce texte du côté de l'anecdotique et les interrogations cruciales qui s'y font jour. Émerge alors la présence dans l'écriture michonienne d'une esthétique de l'obliquité. L'essentiel ne pourrait être approché que par des voies indirectes, par des sentiers sinueux, par des détours. Notre travail se propose d'essayer de comprendre à la fois le pourquoi et le comment de ce paradoxal fonctionnement de l'écriture.
This article proposes an examination of the English rendering of Annie Ernaux's text L'Evénement, translated by Tanya Leslie as Happening. I seek not to criticize Leslie's translation, but instead endeavor to offer an alternate, hermeneutic model of translation—that is, one that models itself on the notion of translations as variable according to a translator's interpretant. To be sure, the emphasis in the re-translated pages I proffer throughout my article is not on the notion of a single, indeed impossible, perfect translation, nor on the dissolution of the standard dialectic pitting the translation against the source. Rather, the suggested translations of words in what I translate as The Events stress the notion of the translator-scholar whose move to translate stems from a desire for the target-language version of a source text to achieve literary relevance in the Derridean sense of elevating the signifier to its meaning or value while guarding the signified of the source. While working locally on L'Evénement, my ultimate goal is to offer relevant translations—in the Derridean sense—of portions of Ernaux's text in an effort to suggest a way forward for literary translation more generally.
Pour surprendre son épouse Agnès, Marc, le personnage principal du film La Moustache (2005) d'Emmanuel Carrère, décide sur un coup de tête de se raser la moustache. Or, de ce geste apparemment anodin va découler une série d'événements qui vont forcer Marc à remettre en question son identité. A présent que son visage est lisse, Marc se retrouve dans un univers où il n'a jamais eu de moustache, monde singulier dans lequel ses proches se demandent pourquoi il insiste que ce matin même, son visage était bel et bien moustachu. A présent que son image interne a rompu avec l'image que lui renvoiel'œil de l'autre, Marc ne sait plus qui il est. L'instant de la décision a-t-il lancé Marc sur une trajectoire identitaire divergente de celle sur laquelle il avançait? Sans moustache, qui est-il? C'est ce conflit entre l'image de soi et celle que l'êtrese construit dans l'œil de l'autre que cetessai examinera. Dans le but de définir ce qui constitue le «moi»selonMarc, seront envisagéesdiverses approchesqui établiront Carrère comme héritier de ceuxqui se sont avant luidemandé«qui suis-je?»: la phénoménologie, le témoignage intime d'une expérience vécue;la créationSartriennedu «moi»dans l'œil de l'autre; la notion Pirandellienne que le «moi» est instable et multiple; et l'absurde de Camus qui expose la difficulté qu'à l'Homme à saisir le monde dans lequel il évolue.5
This article explores the possibility of the body as a potential home or space of exile through the theatrical works ofWajdi Mouawad and Marie NDiaye. Distinctions between the "self" and "other" are heavily present in colonial and post-colonial, exilic narrativesand serve to reinforce difference and division between people. Mouawad and NDiaye's inclusion of teratomas, non-corporeal beings, and characters living within the body of other characters invites us to reconsider our autonomy and our perceptions of self-hood in relation to community. Both of these authors use their personal experiences as well as common exile metaphors and imagery to expose the possibility of shared experience and common suffering as a basis for building new, hybrid communities.
pp. 97 - 111
This article examines Dany Laferrière's practice of rewritingthemes, characters, and scenes from hisearlyworks. It argues that hisrepurposing of novelistic material, which may suggestthe exhaustion of authorial creativity, is in facta strategy to create a coherent oeuvre in which worksecho and promote each other. Using Journal d'un écrivainenpyjama (2013) as a text that both exemplifies and theorizes Laferrière's aesthetic, the essayshows how and why the author recycles. Analysis of recurrent scenes establishes that Laferrière's works advance byaccretion. Further examination of figures of the author (as a dandy, rock star, in pyjamas, etc.) stresses his parody of the literary taxonomies critics have used to characterize his work (a Haitian, Québécois, migrant author, etc.). Parody aside, Laferrière's repetitive textual patterns and his publishers' marketing techniques have turned him into a brand image that leaves him little choice but to satisfy readers'expectationsof familiar tropes. The author'srecycling technique is at once a critical tool to interrogate the cultural logic of the presentand a means of accruing economic capital.
The recent publication of the Cahiers de l'Herne dedicated to the works of Maurice Blanchot, gathering correspondences, dedications, manuscripts and photos into a personalized archive, marks a significant turning point in the study of Blanchot's writing. For many of Blanchot's readers, the publication of the Cahier is perhaps ethically troublesome as well, due to Blanchot's well-known secrecy and thoroughly cultivated public invisibility. Of particular interest are the private photos reproduced in the Cahier, given Blanchot's extreme reticence to appear before the public eye. In order to critically consider the new photographs and the visibility they offer, I propose to trace Blanchot's own thoughts on photography throughout several of his philosophical and literary works. While visual aesthetics at first appear rather underrepresented in Blanchot's writings, once the photographic is sought out its appearances are manifold, and a coherent position emerges. In this article, I build my position on the Cahier's publication through my research on Blanchot's writings around the photographic medium, which touch questions of private and public representation, encounters of absence and presence, memory and celebrity. Photography occupies the margins of many of Blanchot's writings, and in this moment of complicated visibility, they deserve careful consideration.

Cet article examine le programme d'histoire des sciences que Michel Foucault a mené dans ses cours au Collège de France. Se donnant pour principe d'étudier les conditions de possibilité des savoirs et de leur positivité, il a d'abord mis au point un cadre méthodologique fondé sur les régimes de vérité. Àdistance des tentatives relativistes, le philosophe s'est efforcé de ménager à la vérité scientifique un espace socio-épistémique distinct. Il a également produit une série d'analyses innovantes concernant les formes de production et de captation des savoirs, depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque moderne. Les savoirs dispersés ont été intégrés aux processus de cadrage et de formalisation marchand et étatique. Enfin, Foucault a élaboré, via la biopolitique, uneconceptualisation souple des articulations du savoir et du pouvoir: l'Etat développe des pratiques de connaissances spécifiques (comme la statistique) pour gouverner les populations.

Analysant des reportages de Dekobra (Aux cent mille sourires), Cendrars (Hollywood, la Mecque du cinéma) et de Kessel (Hollywood, ville mirage) consacrés à Hollywood dans les années 1930, cet article présente trois portraits de ville qui, tout en participant de la volonté de réel qui caractérise les écrivains de l'époque, dépeignent Hollywood comme un espace entièrement dévolu à la création d'univers fictifs et, au-delà, comme une usine à rêves par la façon dont elle les engendre et les moeurs de cette ville. L'article montre ensuite que ce motif de la fabrication en série affecte l'écriture même, telle qu'elle est pratiquée dans les studios de cinéma, ce qui permet aux auteurs de ces trois reportages de creuser l'écart entre le monde de l'art, auquel ils targuent d'appartenir, et celui de l'industrie emblématisé ici par Hollywood. Enfin, l'article analyse plus particulièrement la manière dont le thème de la mort de l'individu amène chacun des auteurs à défendre son individualité par l'adoption d'une posture singulière.
Book Reviews
Books Received 
pp. 177 - 177

Spring 2017 Vol. 42.1

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Fragments de la vie ordinaire

Georges Perros

Entre aphorisme et conversation

Pierre Pachet

Georges Perros ou l'écriture de soi

Marie-Hélène Gauthier

Georges Perros et le fragment bartlebyen
Thierry Gillybœuf

Capter les "fragments d'énigme": Élans et ruptures dans la dynamique poétique de Poèmes bleus et Une vie ordinaire
Estelle Piolet-Ferrux

Dans la "galerie des 'mineurs' de race": Georges Perros via Jude Stéfan et alii
Philippe Met


Au "Frère Poulot (dit Perros en sa trappe de littérature)" (Réda)
Jude Stéfan

Les notes de Perros
Silvia Manfredo
Bribes
Jean-Luc Sarré
Florilège d'inédits: Textes rassemblés par Thierry Gillybœuf
Catherine Nesci

Vol. 40 Numbers 2-3 Spring/Fall 2015

The Crescent Moon and the Orb: Political Allegory and Cosmographic Detour in Gabriel Bounin’s La Soltane

Antonia Szabari

Enquête sur une apparition (Flaubert, L’Éducation sentimentale, I, 1)

Daniel Sangsue

“Ni haine ni pardon”: Gabriel Marcel and Robert Antelme on the Limits of the Human

Erin Tremblay Ponnou-Delaffon

L’Homme que nous aimons le plus: French Intellectuals Celebrate Stalin’s 70th Birthday

Andrew Sobanet

Michelle Grangaud’s Geste: An Anti-Epic of Everyday Life

Raluca Manea

Ceremony and Silence in Gérard Gavarry’s Allada

Warren Motte

Michel Houellebecq and the Promise of Utopia: A Tale of Progressive Disenchantment

Louis Betty

Au fil du temps, les masques tombent: Mémoire familiale et vérité chez Delphine de Vigan

Valérie Dusaillant-Fernandes

Figurations d’éditeurs dans la littérature française contemporaine

Anthony Glinoer

L’adaptation transculturelle de Thérèse Raquin de Zola dans Thirst, film coréen

Antoine Coppola, Lee Ji-soon

Book Reviews

An Atmospherics of the City: Baudelaire and the Poetics of Noise by Ross Chambers (review)

Robert St. Clair

In Looking Back One Learns to See: Proust and Photography by Mary Bergstein (review)

André Benhaim

The Pedagogical Imagination: The Republican Legacy in Twenty-First-Century French Literature and Film by Leon Sachs (review)

Lisa Connell

“Non”: Fragments d’un roman sur la Résistance by André Malraux (review)

Yves Laberge

Against Autobiography: Albert Memmi and the Production of Theory by Lia Nicole Brozgal (review)

Edward Kaplan

Sfar So Far: Identity, History, Fantasy and Mimesis in Joann Sfar’s Graphic Novels by Fabrice Leroy (review)

Mark McKinney